Le petit moulin

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Les vaches aux champs

Les vaches aux champs

Pendant les grandes vacances j’allais avec le fils Gaboret mener les vaches aux prés. Je le rejoignais avec le troupeau remontant la rue du cimetière et nous passions devant la Maison des Vignes. Je m’étais fabriqué une petite branche d’osier servant à remettre dans le droit chemin les vaches récalcitrantes. Nous rentrions dans un grand champ entouré de fils de fer barbelés, traversé par une rivière bordée de saules. Elle serpentait en traversant une clairière à l’orée du bois. Dans l’eau transparente, on voyait quelques carpes, des poissons-chats et une multitude de vairons. J’avais repéré, un peu plus loin, un rétrécissement et une cascade. En regardant l’eau tomber sur les grosses pierres, j’ai eu l’idée de fabriquer un petit moulin. Mon grand-père m’avait appris l’utilité de posséder un couteau, de la corde et un mouchoir qui, en plus de son rôle habituel, lui servait d’aide-mémoire quand il y faisait un noeud. Je n’avais qu’un petit canif en corne blanche et un bout de ficelle (le mouchoir m’était inutile).

Le petit moulin

Le petit moulin

C’était suffisant pour tailler quatre larges morceaux d’écorce pour constituer les ailettes. Biseautées à souhait, je les ai ajustées dans l’axe d’une branche de peuplier servant de support. Pour finir, j’entourais de ficelle les quatre jonctions afin de les renforcer. Je posais l’ouvrage entre deux pierres, là où je jugeais le courant idéal. Le petit moulin s’était mis à tourner et je chantais : « Tourne, petit moulin ! Les vaches mangeaient l’herbe tranquillement. Quelques-unes, tendant le cou à travers la clôture, dégustaient la verdure du pré voisin, meilleure, forcément. Ce jour là, je suis resté longtemps à contempler mon petit moulin !
Écouter la chanson :

(Extrait de Mon ciel de Traîne)  Crédits La cabane d’Amélie

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